Une ONG confirme les garanties d’un procès équitable pour les 18 supporters sénégalais détenus au Maroc

L’Organisation marocaine des droits de l’Homme (OMDH) a affirmé que le procès intenté contre des ressortissants sénégalais à la suite des incidents survenus lors de la finale de la Coupe d’Afrique des nations de football respecte les principes universels et constitutionnels d’un procès équitable.

Dans un rapport publié jeudi, l’organisation indique que les garanties fondamentales ont été observées tout au long de la procédure. Elle souligne notamment l’attitude de l’instance judiciaire, qui aurait agi de manière à préserver son indépendance et son impartialité vis-à-vis de l’ensemble des parties, tout en assurant un traitement équitable entre la défense et le ministère public.

L’OMDH affirme également que la juridiction a respecté la présomption d’innocence, permettant aux accusés de répondre librement aux questions qui leur étaient adressées et de disposer d’un délai suffisant pour présenter leur version des faits lors de la phase d’enquête.

Selon le rapport, la défense a pu disposer de tout le temps nécessaire pour exposer ses arguments, sans interruption, aussi bien pour les accusés que pour les parties civiles. Elle a en outre été autorisée à réagir et à exercer son droit de réplique chaque fois qu’elle en faisait la demande.

L’organisation souligne par ailleurs le respect du principe de publicité des audiences. Les séances ont été ouvertes au public, avec un accès fluide à la salle d’audience, depuis l’entrée principale du tribunal jusqu’à la salle de jugement, sans restrictions particulières.

Les reports enregistrés dans cette affaire auraient été accordés à la demande des accusés afin de leur permettre de se faire assister par un avocat ou de garantir la présence de leur défense, mais aussi pour donner aux avocats le temps de présenter leurs plaidoiries.

L’ONG relève également la réactivité du tribunal face aux requêtes formulées par les parties. À titre d’exemple, la juridiction a accédé à une demande de la défense visant à permettre aux accusés de s’asseoir pendant l’audience, estimant que rester debout pouvait provoquer de la fatigue, d’autant plus que la séance du 19 février 2026 coïncidait avec le premier jour du Ramadan.

Le document mentionne également un incident survenu lors de l’audience du 5 février 2026, lorsqu’un des prévenus a présenté des signes de malaise. Le président de la séance a immédiatement ordonné l’intervention de la médecin de la clinique du tribunal, qui a pris en charge l’intéressé avant son transfert vers l’infirmerie de l’établissement à l’aide d’un fauteuil médical. Lors de cette audience, la défense était représentée par l’avocat Patrick Kabou.

Le rapport précise par ailleurs que les accusés, arrivés en détention et sous escorte sécuritaire conformément aux procédures en vigueur, ont vu leurs menottes retirées avant l’ouverture de l’audience et l’entrée de la formation judiciaire dans la salle.

Selon l’OMDH, la plupart des déclarations des prévenus ont consisté à nier les accusations portées contre eux. Certains ont affirmé être entrés sur la pelouse pour demander à leurs compatriotes de regagner les tribunes, tandis que d’autres ont expliqué vouloir récupérer des effets personnels tombés sur le terrain.

D’autres encore ont indiqué avoir été poussés par la foule et être tombés involontairement sur la pelouse. Quelques accusés ont toutefois exprimé leurs regrets quant aux incidents survenus, présentant leurs excuses, tandis que certains ont tenu à saluer les bonnes relations entre leur pays et le Maroc.

EG/Hespress

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