Cobalt : pour l’Economiste Carlos Lopes, la RDC étant un cartel, elle n’a pas besoin d’augmenter les taxes, mais imposer le prix du coltan

Faisant une analyse qu’il a lui-même qualifiée de moraliste, le grand Economiste Bissau-Guinéen Carlos Lopes ne partage pas l’avis selon lequel lorsque les prix des minerais comme le cobalt ne sont pas bons, il faut augmenter les taxes. Pour lui, la RDC ayant le monopole de production du coltan, elle peut s’imposer dans la fixation du prix de cette dernière matière précieuse et avoir par ricochet la maitrise du cobalt qui marche avec. Carlos Lopes était samedi 7 avril 2018 grand invité de l’émission l’Afrique en marche animée par Jean-Pierre Boris sur Radio France Internationale. Pour lui, ça ne sert à rien d’augmenter les taxes. « Cela ne va pas régler le problème d’abord parce qu’il y a un niveau de corruption extrêmement élevé. Ces taxes très souvent vont prolonger encore un peu plus un comportement que je condamne du point de macroéconomique », soutient cet ancien secrétaire exécutif de la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique et Professeur à Sciences-Po à Paris. Il explique que la condamnation n’est pas seulement à cause du fait qu’il y a une mauvaise utilisation des ressources publiques, mais aussi à cause de la façon dont est exploité le métal, en l’occurrence le cobalt qui a une importance  gigantesque pour l’économie mondiale et qui ne profite pas aux Congolais. D’après lui, la RDC doit agir sur les deux leviers que sont le coltan, premièrement, et le cobalt ensuite, les deux étant liés dans la fabrication des appareils électroniques. « Le cobalt qui sert au coltan et qui est en principe le métal plus stratégique en ce moment parce qu’on ne peut pas avoir une quelconque utilisation des appareils électroniques mobiles sans le coltan, devait être considéré comme une ressource d’une importance majeure », a-t-il expliqué. À en croire le Professeur Carlos Lopes, la RDC étant le seul pays producteur du coltan, elle est un cartel à elle seule et n’a pas besoin d’autre chose. « Elle devait avoir une richesse à partir du coltan qui servirait complétement le pays », pense-t-il. Est-ce que le gouvernement a une quelconque stratégie pour cela ? Questionne-t-il avant de répondre par : Non. « Donc, les compagnies minières exploitent une faiblesse. Elles sont très capables de négocier dans la base des cours quelles imposent elles-mêmes parce qu’il y a un seul cartel, d’un seul pays. C’est au Congo d’imposer, de décider du prix du coltan et il n’y a personne d’autre », conclut-il.

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