Plus d’une dizaine d’agriculteurs du village d’Épulu, dans le territoire de Mambasa, en Ituri, ont pris part, le vendredi 06 mars 2026, à une séance de sensibilisation sur l’interdiction des cultures pérennes dans les aires protégées, en particulier dans la Réserve de Faune à Okapi (RFO).
L’activité a été organisée sous le haut patronage de l’ONG Wildlife Conservation Global (WCG), partenaire de la réserve.
Selon Kambale Mastaki Jean, éducateur environnemental à la WCG, la communauté locale joue un rôle crucial dans la protection de l’environnement et du patrimoine naturel. Il a insisté sur la nécessité de :
– décourager la promotion des cultures pérennes (cacao, palmier à huile) dans les zones agricoles de la RFO,
– sensibiliser les communautés sur les interdictions légales,
– collaborer avec les autorités locales et les gestionnaires de la réserve,
– participer à des programmes de développement durable compatibles avec la conservation.
La législation congolaise interdit toute activité incompatible avec les objectifs de conservation. Plusieurs textes régissent ce secteur, à savoir :
– L’article 25 de la Loi 014/003, qui dispose que « toute activité contraire aux objectifs de conservation est proscrite dans les aires protégées ». Il y a aussi l’article 45 de la Loi 014/003 qui indique que « l’État et la province doivent prévenir l’introduction d’espèces exotiques menaçant les écosystèmes et la biodiversité ».
Les raisons pour lesquelles les cultures pérennes sont interdites sont : L’occupation permanente du sol; la déforestation durable ; la fragmentation de l’habitat naturel; la perte de la biodiversité.
Parmi les multiples impacts environnementaux figurent : la perte de la biodiversité, la modification des habitats naturels au profit de la cacaoculture, le ravage des cultures par la faune entraînant parfois du braconnage, et destruction des habitats de l’okapi, espèce emblématique de la réserve.
Les résolutions prises par la RFO
La réserve s’engage à :
– superviser et coordonner les éco-gardes pour assurer l’application stricte de la loi,
– organiser des patrouilles dans la réserve et la zone tampon,
– détruire les champs de cacao illégalement installés,
– engager des poursuites judiciaires contre les contrevenants.
Quant aux participants, ils ont demandé aux autorités de la RFO ce qui suit :
– un refoulement digne des animaux sauvages qui ravage leurs cultures vivrières accentuant ainsi leurs vulnérabilités,
– la création de projets de développement au bénéfice des communautés locales,
– des alternatives économiques pour limiter les activités illégales dans la réserve.
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