Après que les États membres de la Cour pénale aient révoqué le procureur général Karim Khan lors d’un vote organisé le 24 juillet, les États-Unis affirment leur détermination de défaire la Cour pénale internationale (CPI).
Quarante-huit heures après le vote contre Karim Khan, Marco Rubio a promis de démanteler cette cour brique par brique. Washington a déjà placé sous sanctions onze magistrats, parmi lesquels Karim Khan, pour avoir engagé des poursuites sur les crimes présumés des États-Unis en Afghanistan et d’Israël sur le territoire palestinien.
Karim Khan aurait eu une relation sexuelle inappropriée avec son assistante, acte considéré comme abus de pouvoir et d’autorité à cause des liens hiérarchiques existant entre le procureur et son assistante.

Le démontage est en marche
Le « démantèlement » préconisée par Marco Rubio serait déjà en marche. Après que le Venezuela ait annoncé son retrait de la CPI, le lundi 27 juillet c’était au tour du Tchad de quitter la barque. Le Tchad parle d’une Cour « dont l’efficacité est demeurée limitée et à géométrie variable ».
D’autres pays africains seraient aussi sous pression pour quitter la Cour. Les Afticains reprochent à la CPI de conduire plus d’enquêtes sur le continent qu’ailleurs, alors que par leurs obstructions, les États-Unis en sont en partie responsables. Le Tchad en appelle à l’Union africaine pour réfléchir à « une justice continentale ».
Aucune des affaires visant le camp occidental – celle sur des accusations de torture par des soldats britanniques en Irak, par les forces américaines en Afghanistan et la CIA en Europe – n’a abouti depuis les premiers pas de la Cour, en 2002.
Des sanctions pour les Africains seulement
Au cours des deux années écoulées, le procureur a été placé sous sanctions américaines et a été condamné à 15 ans de prison par la justice russe, dont six ans de goulag pour avoir émis un mandat d’arrêt contre Vladimir Poutine. En outre, Karim Khan a été suspendu du Barreau britannique, et sa carrière est en lambeaux.
Or, en inculpant Vladimir Poutine, la CPI visait pour la première fois un membre permanent du Conseil de sécurité de l’ONU. Avec Benyamin Netanyahu, elle touchait le camp occidental.
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